Si on revenait neuf ans en arrière, je n'y aurais pas cru...

Si on revenait neuf ans en arrière, je n'y aurais pas cru...

Je suis Elhia Lardy, de nature très indécise, je n’ai jamais réellement eu d’idée toute tracée de ce que je voulais faire plus tard. En 2017, je suis en classe de seconde au lycée du Grand Nouméa, année décisive car on nous demande de nous orienter pour le baccalauréat. Je me tourne vers la filière économique et sociale (ES). Toutefois, étant depuis toujours attirée par la nature et tout ce qui concerne l’environnement, après l’obtention du bac, je me tourne vers la licence de géographie et aménagement à l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC). 

La licence me plaît, je (re) découvre la géographie, ce qui me fait l’apprécier davantage. Chaque notion évoquée suscite en moi intérêt et curiosité, notamment les sujets environnementaux. J’obtiens ma licence en 2023 et je pars la même année en France en Master 1 gestion des catastrophes et des risques naturels (GCRN) à Montpellier.

En février 2024, je reviens sur le territoire pour mon stage et mon mémoire de recherche réalisés au sein de la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques (DSCGR). Mon sujet porte sur “la vulnérabilité des habitants en squat en cas de risque cyclonique : état des lieux de la presqu’île de Nouville”. Toutefois les événements de mai 2024 ne me permettent pas de finaliser et de valider mon année.

Toujours motivée, j’en profite pour changer de voie pour un Master gestion des littoraux et des mers à Montpellier. 

C’est dans ce cadre, que je viens d'effectuer un stage au sein de l’Observatoire du littoral de Nouvelle-Calédonie (OBLIC) à la direction de l’Industrie, des mines et de l’énergie (DIMENC). En travaillant sur les sites pilotes côtiers de l’observatoire mes principales missions ont été :

  • de valoriser les données SIG de l'observatoire en réalisant des fiches synthétiques sur l’ensemble des sites pilotes côtiers du territoire. Celles-ci reprennent à la fois les caractéristiques des sites, leur évolution ainsi que leur exposition face aux aléas littoraux ;
  • d’analyser de manière plus approfondie la dynamique littorale de certains sites en tentant de trouver une corrélation entre la position du trait de côte et différents paramètres de forçage météo-marins sur une échelle de temps donnée. 

Les SIG sont devenus un outil incontournable dans la gestion des territoires. En plus d’approfondir mes connaissances et compétences en SIG, j’ai découvert l’application Digital Shoreline Analysis System (DSAS), outil très pertinent lorsque l’on s’intéresse à l’évolution du trait de côte. 

Avoir fait beaucoup de terrain a permis de mettre en pratique les notions théoriques apprises, aussi bien en formation que durant le stage, tel que le  diagnostic de plage.

Ce stage à l’OBLIC m’a fait prendre conscience que je peux contribuer et aider le pays à mon niveau. En tant que métisse, en tant que Kanak, en tant que Calédonienne et surtout en tant que femme, se dire que je peux apporter ma pierre à l’édifice est à mon sens un message important à véhiculer. 

Mon parcours, aussi parsemé de doutes et d’inquiétudes soit-il, me rappelle que la persévérance et la détermination sont la clé et que tout n’est pas forcément “tracé”. Aujourd’hui, je n’en ai pas encore fini avec mes études. Plusieurs options s’offrent de nouveau à moi. Néanmoins, j’ai la certitude que je reviendrai rendre service à ma douce Nouvelle-Calédonie.